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Prendre de la hauteur

Programmes politiques : la synthèse

Ce que les programmes coûtent, ce qu'ils laissent de côté, et les questions à poser à n'importe quel candidat.

Périmètre. Cette page s'appuie sur les chiffrages indépendants des programmes des élections législatives de 2024, les seuls consultés à ce stade. Les programmes pour 2027 seront ajoutés dès qu'ils sont publiés. Les familles politiques sont traitées avec les mêmes critères.

L'effet sur le déficit public, par an

Ensemble (majorité présidentielle)
+ 21 Md€ / an
Rassemblement national
+ 71 Md€ / an
Nouveau Front populaire
+ 179 Md€ / an

Estimation de l'Institut Montaigne sur les mesures nouvelles. Les changements de comportement des agents économiques ne sont pas intégrés, et les délais très courts ont limité les échanges avec les équipes de campagne.

Les principaux postes chiffrés

Ensemble

Dépenses : versement automatique des aides (5 Md€), service national universel (3,6 Md€ par an). Économies : maintien de la réforme de l'assurance-chômage (4,5 Md€), centres de rétention aux frontières (1,8 Md€).

Rassemblement national

Plus de 11 Md€ de dépenses et baisses d'impôts (retraite à 60 ans, TVA énergie à 5,5 %). Économies annoncées : mesures d'immigration (8 Md€) et privatisation de l'audiovisuel public (1,6 Md€), dont la faisabilité est jugée incertaine.

Nouveau Front populaire

Dépenses liées au pouvoir d'achat, aux services publics et à l'abrogation de la réforme des retraites, financées par une hausse des prélèvements (entreprises, successions, transactions financières, ménages). Poste chiffré : gratuité de l'école, 13 Md€ par an.

Cinq observations pour prendre de la hauteur

  1. Aucun des trois programmes ne réduisait le déficit. Selon ce chiffrage, tous l'augmentaient, de 21 à 179 Md€ par an, alors que la France est en procédure de déficit excessif.
  2. Les économies annoncées sont les plus fragiles. Une économie reposant sur une mesure juridiquement ou pratiquement incertaine est à traiter comme une hypothèse, pas comme un acquis.
  3. Les dépenses de fond sont peu chiffrées. Dans les synthèses consultées, l'éducation, l'hôpital et la défense ne sont chiffrés que pour une mesure par liste au plus.
  4. Un programme n'est pas un budget. Entre la promesse et la loi de finances passent un vote, des contraintes européennes et l'état des comptes : voir le crash-test UE.
  5. Les engagements engagent les successeurs. Dans la défense, 26 des 36 Md€ ajoutés à la programmation tombent après 2027 : les promesses de long terme pèsent sur les gouvernements suivants.

Les questions à poser à tout candidat

Sur l'argent

Combien cela coûte-t-il par an ? Qui paie ? Quelle économie compense, et sur quelle base légale ?

Sur le droit

Quel texte, national ou européen, faut-il modifier ? Qui doit voter, et à quelle majorité ?

Sur les faits

Quel indicateur, quelle année, quelle source ? La comparaison porte-t-elle sur le même périmètre ?

Sur la cohérence

Que disait ou votait le même parti sur ce sujet quand il avait le pouvoir de le faire ?

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